Introduction
Le paysage des cybermenaces en France connaît une évolution préoccupante en novembre 2025, marquée par trois phénomènes majeurs : l'utilisation croissante de l'intelligence artificielle par les cybercriminels pour automatiser et sophistiquer leurs attaques, l'intensification du hacktivisme pro-russe ciblant les infrastructures européennes et françaises, et la multiplication des attaques visant la chaîne d'approvisionnement logicielle des entreprises. Ces tendances convergentes créent un environnement de menaces sans précédent qui exige une adaptation rapide des stratégies de défense.
Les événements sectoriels de début novembre 2025, notamment Cloud Expo Europe France et Data Centre World Paris qui se sont tenus à Paris les 5 et 6 novembre, ont consacré une part importante de leurs conférences à ces enjeux de sécurité. Les experts présents ont souligné l'urgence d'une prise de conscience collective face à des menaces qui ne distinguent plus entre grandes entreprises et PME, entre secteurs critiques et secteurs traditionnels.
Selon le Baromètre national de la maturité cyber des TPE-PME publié le 4 novembre 2025 par Cybermalveillance.gouv.fr, 16 pourcent des entreprises françaises déclarent avoir été victimes d'incidents au cours des 12 derniers mois, et la France se classe désormais en cinquième position des pays européens les plus attaqués. Plus alarmant encore, 86 pourcent des décideurs informatiques français signalent que leur entreprise a été victime d'au moins une tentative de ransomware en 2024-2025.
Les bots malveillants dopés à l'IA : une menace émergente
L'exploitation détournée des API d'IA générative
L'un des développements les plus inquiétants de novembre 2025 concerne l'utilisation détournée des API d'intelligence artificielle générative par des acteurs malveillants. Microsoft Security Intelligence a révélé début novembre la découverte d'une campagne sophistiquée où des cybercriminels ont utilisé furtivement une API légitime d'OpenAI comme canal d'attaque et de communication avec leurs infrastructures de commande et contrôle.
Mécanisme de l'attaque : Les attaquants ont créé des comptes développeur légitimes sur la plateforme OpenAI, obtenu des clés API, puis intégré ces API dans des malwares. Lorsque le malware infecte une machine cible, au lieu de communiquer directement avec un serveur de commande et contrôle traditionnel (facilement détectable et bloquable par les pare-feu), il envoie des requêtes apparemment innocentes à l'API OpenAI. Les commandes malveillantes sont encodées dans les prompts envoyés à l'API, et les réponses générées par l'IA contiennent les instructions à exécuter par le malware.
Cette technique offre plusieurs avantages aux attaquants :
- Camouflage : Le trafic vers les API OpenAI est considéré comme légitime par la plupart des solutions de sécurité
- Résilience : Même si un serveur de commande et contrôle traditionnel est neutralisé, le canal API reste opérationnel
- Évolutivité : L'IA peut générer dynamiquement des réponses adaptées au contexte de chaque machine infectée
Microsoft estime que cette technique a été utilisée dans plus de 200 campagnes d'attaque ciblant principalement des entreprises du secteur financier et technologique en Europe et en Amérique du Nord.
Bots malveillants dans le secteur aérien
Un cas d'usage particulièrement révélateur de l'impact des bots malveillants dopés à l'IA concerne le secteur aérien. Des compagnies aériennes françaises et européennes ont rapporté en novembre 2025 subir des pertes financières importantes dues à des bots sophistiqués qui exploitent les systèmes de réservation en ligne.
Mode opératoire : Ces bots utilisent des modèles de machine learning pour analyser les patterns de prix des vols et effectuer massivement des réservations spéculatives (avec option d'annulation gratuite dans les 24 heures) sur les créneaux les plus demandés. Cela crée artificiellement une pénurie apparente qui pousse les algorithmes de pricing dynamique des compagnies à augmenter les tarifs. Les bots annulent ensuite ces réservations au dernier moment, laissant des sièges vides que les clients légitimes n'ont pas pu réserver à cause des prix artificiellement gonflés.
L'impact est double : les avions décollent avec des taux de remplissage réduits (manque à gagner direct), et les clients légitimes développent une frustration envers la marque (impact réputationnel). Certaines compagnies estiment que ce phénomène leur coûte entre 3 et 8 pourcent de leur chiffre d'affaires potentiel.
Les solutions de détection traditionnelles basées sur des règles statiques (limitation du nombre de requêtes par IP, détection de patterns de navigation non-humains) sont contournées par ces bots de nouvelle génération qui utilisent des réseaux de proxies résidentiels, simulent des comportements de navigation humains avec des variations aléatoires, et adaptent leurs stratégies en fonction des réponses du système cible.
Phishing assisté par IA générative
L'IA générative a également démocratisé la création de campagnes de phishing extrêmement sophistiquées. Alors que les emails de phishing traditionnels étaient souvent facilement identifiables par leurs fautes d'orthographe, leur grammaire approximative et leur manque de personnalisation, les campagnes assistées par IA de 2025 atteignent un niveau de sophistication inquiétant.
Des outils comme WormGPT ou FraudGPT (versions malveillantes et non censurées de modèles de langage, disponibles sur le dark web) permettent aux cybercriminels de :
- Générer des emails de phishing parfaitement rédigés dans n'importe quelle langue
- Personnaliser automatiquement le contenu en fonction d'informations collectées sur les réseaux sociaux (LinkedIn, Twitter) concernant la cible
- Créer des pages de phishing visuellement indiscernables des sites légitimes
- Générer des conversations téléphoniques synthétiques convaincantes (vishing) avec des voix clonées de dirigeants ou de collègues
Selon une étude de KnowBe4 publiée en octobre 2025, le taux de clics sur des emails de phishing assistés par IA atteint 45 pourcent, contre 15 pourcent pour des emails de phishing traditionnels, représentant une augmentation de 200 pourcent de l'efficacité des campagnes.
Intensification du hacktivisme pro-russe en Europe
Le Security Navigator 2025 tire la sonnette d'alarme
Le rapport Security Navigator 2025 publié par Orange Cyberdefense début novembre révèle une intensification préoccupante de la menace hacktiviste pro-russe en Europe. Cette évolution du paysage des menaces s'inscrit dans le contexte géopolitique tendu persistant depuis le début du conflit en Ukraine en 2022, mais avec une sophistication et une coordination accrues en 2025.
Les groupes hacktivistes pro-russes les plus actifs identifiés en 2025 incluent :
- NoName057(16) : Spécialisé dans les attaques DDoS (Distributed Denial of Service) massives ciblant les infrastructures critiques
- Killnet : Groupe très médiatisé menant des campagnes coordonnées contre des cibles gouvernementales et financières
- Anonymous Russia : Coalition décentralisée de hacktivistes menant des opérations de défaçage de sites web et de fuite de données
Evolution vers les attaques cognitives
L'une des évolutions les plus significatives identifiées dans le Security Navigator 2025 est le pivot de ces groupes vers ce que les analystes appellent les "attaques cognitives" ou "opérations d'influence numérique". Plutôt que de simplement perturber des services en ligne via des attaques DDoS ou de voler des données, ces groupes cherchent désormais à manipuler l'opinion publique et à saper la confiance dans les institutions démocratiques.
Mécanismes des attaques cognitives :
- Campagnes de désinformation coordonnées : Création et diffusion massive de fausses informations (fake news) via des réseaux de comptes bots sur les réseaux sociaux pour amplifier artificiellement certains narratifs et créer des polarisations
- Manipulation de contenus authentiques : Utilisation de techniques de deepfake pour créer de fausses vidéos ou audios de personnalités politiques ou de dirigeants d'entreprise
- Exploitation des fuites de données : Publication stratégique de données volées (souvent sorties de leur contexte ou mélangées avec de fausses informations) pour discréditer des organisations ou des individus
- Amplification de divisions sociétales : Identification et amplification de sujets clivants (politique, sociétal, économique) pour accentuer les tensions internes dans les sociétés cibles
L'objectif n'est plus uniquement de causer des dommages techniques, mais de saper la confiance du public dans les médias, les institutions gouvernementales, et les processus démocratiques. Ces attaques sont particulièrement efficaces car elles exploitent les vulnérabilités psychologiques et cognitives humaines plutôt que des vulnérabilités techniques.
Secteurs cibles en France
En France, plusieurs secteurs ont été particulièrement ciblés par le hacktivisme pro-russe en 2025 :
Administrations publiques et collectivités territoriales
Des attaques DDoS ont régulièrement perturbé l'accès aux sites web de ministères, de régions et de municipalités. En octobre 2025, le site de plusieurs préfectures a été rendu inaccessible pendant plus de 48 heures suite à des attaques coordonnées.
Secteur de l'énergie
Les opérateurs d'infrastructures critiques énergétiques (production, transport, distribution d'électricité et de gaz) font l'objet d'une surveillance constante et de tentatives d'intrusion régulières. Si aucune attaque n'a pour l'instant réussi à perturber significativement la production ou la distribution d'énergie, les tentatives se multiplient et gagnent en sophistication.
Médias et organes de presse
Les sites web de médias français ont été régulièrement ciblés par des attaques de défaçage ou de DDoS, particulièrement lors de la couverture d'événements géopolitiques sensibles. L'objectif est double : perturber la diffusion de l'information et envoyer un message d'intimidation.
Institutions financières
Les banques et les plateformes de paiement en ligne ont subi des vagues d'attaques DDoS visant à perturber l'accès aux services bancaires en ligne, créant une frustration chez les clients et impactant la confiance dans le système financier.
Recommandations de défense
Face à cette menace persistante, l'ANSSI (Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d'Information) recommande aux organisations françaises de :
- Mettre en place des solutions de protection anti-DDoS robustes avec des capacités d'absorption de plusieurs centaines de Gbps
- Renforcer la sensibilisation des équipes aux techniques de désinformation et mettre en place des processus de vérification des informations avant publication
- Établir des plans de communication de crise pour réagir rapidement aux campagnes de désinformation
- Collaborer avec les autorités (ANSSI, CERT-FR) pour partager les indicateurs de compromission et les renseignements sur les menaces
Attaques sur la chaîne d'approvisionnement logicielle
Une menace en forte croissance
Selon le cabinet d'analyse Gartner, 45 pourcent des entreprises dans le monde auront subi une attaque sur leur chaîne d'approvisionnement logicielle d'ici fin 2025. Cette prédiction, formulée dans un rapport publié en septembre 2024, se révèle malheureusement exacte, avec une multiplication des incidents observés tout au long de l'année 2025.
Les attaques sur la chaîne d'approvisionnement logicielle (supply chain attacks) consistent à compromettre un composant logiciel ou un service tiers largement utilisé pour atteindre indirectement un grand nombre de victimes. Plutôt que d'attaquer frontalement une entreprise bien protégée, les attaquants ciblent un fournisseur de confiance moins sécurisé, injectent du code malveillant dans son produit, et attendent que ce produit compromis soit déployé chez leurs véritables cibles.
Cas emblématiques de 2025
Compromission d'une bibliothèque JavaScript populaire
En septembre 2025, une bibliothèque JavaScript téléchargée plus de 10 millions de fois par semaine sur NPM a été compromise lorsque les credentials d'un mainteneur du projet ont été volés via une campagne de phishing ciblée. Les attaquants ont publié une version malveillante de la bibliothèque qui exfiltrait les variables d'environnement (contenant potentiellement des secrets, tokens API, et credentials) vers un serveur contrôlé par les attaquants.
La version malveillante est restée en ligne pendant 72 heures avant d'être détectée, temps pendant lequel elle a été téléchargée et intégrée dans des milliers d'applications. L'incident a affecté des entreprises du Fortune 500 et a nécessité des opérations d'audit et de remediation coûtant collectivement des dizaines de millions d'euros.
Compromission d'un outil de développement
En juin 2025, un éditeur de logiciel proposant un outil de développement populaire auprès des développeurs Java a été victime d'une intrusion. Les attaquants ont compromis le serveur de build de l'entreprise et ont injecté un backdoor dans les versions officielles de l'outil distribuées pendant une semaine. Ce backdoor permettait l'exécution de code arbitraire à distance sur les machines des développeurs ayant installé ces versions compromises.
L'incident a été découvert lorsqu'une équipe de sécurité d'une grande entreprise technologique a détecté des communications suspectes depuis les postes de ses développeurs vers des infrastructures de commande et contrôle. L'investigation a révélé que plus de 20 000 développeurs dans le monde avaient installé les versions compromises.
Vecteurs d'attaque courants
Les attaquants exploitent plusieurs vecteurs pour compromettre la chaîne d'approvisionnement logicielle :
Compromission de comptes de mainteneurs
Les comptes de mainteneurs de projets open-source sur des plateformes comme GitHub, NPM, PyPI ou RubyGems sont des cibles privilégiées. Une fois compromis, ces comptes permettent de publier des versions malveillantes de packages largement utilisés. Les attaquants utilisent des techniques de phishing ciblé, de credential stuffing (réutilisation de passwords volés), ou de SIM swapping pour prendre le contrôle de ces comptes.
Typosquatting et dependency confusion
Les attaquants créent des packages malveillants avec des noms très similaires à des packages légitimes populaires (typosquatting) en espérant que des développeurs feront des fautes de frappe lors de l'installation. La technique de "dependency confusion" exploite le fait que les gestionnaires de packages vérifient souvent les dépôts publics avant les dépôts privés internes, permettant à un attaquant de publier publiquement un package portant le même nom qu'un package privé interne pour qu'il soit installé à la place.
Compromission des systèmes de build
Les attaquants ciblent les infrastructures CI/CD (Continuous Integration/Continuous Deployment) des éditeurs de logiciels pour injecter du code malveillant directement dans le processus de build, produisant des binaires ou des packages compromis qui semblent légitimes car signés avec les certificats officiels de l'éditeur.
Stratégies de défense
Face à cette menace croissante, les organisations doivent mettre en place des stratégies de défense en profondeur :
Software Bill of Materials (SBOM)
Maintenir un inventaire détaillé de tous les composants logiciels utilisés (bibliothèques, dépendances, frameworks) avec leurs versions exactes. Des outils comme Syft ou CycloneDX permettent de générer automatiquement des SBOM à partir de projets logiciels.
Scanning continu des vulnérabilités
Utiliser des outils d'analyse de composition logicielle (SCA - Software Composition Analysis) comme Snyk, WhiteSource, ou GitHub Dependabot pour scanner en continu les dépendances et recevoir des alertes lorsque des vulnérabilités sont découvertes dans des composants utilisés.
Signature et vérification des packages
Privilégier l'utilisation de packages signés cryptographiquement et vérifier systématiquement ces signatures avant installation. Des initiatives comme Sigstore visent à simplifier la signature et la vérification de l'intégrité des artefacts logiciels.
Isolation et sandboxing
Exécuter les processus de build dans des environnements isolés et surveillés, utiliser des conteneurs pour limiter l'impact potentiel d'une compromission, et implémenter des contrôles d'accès stricts sur les systèmes CI/CD.
Principe du moindre privilège
Limiter les accès aux systèmes de build et aux comptes de publication aux seules personnes strictement nécessaires, avec authentification multi-facteur obligatoire et rotation régulière des credentials.
État de la préparation des entreprises françaises
Le Baromètre de la maturité cyber des TPE-PME
Le Baromètre national de la maturité cyber des TPE-PME 2025, publié le 4 novembre par Cybermalveillance.gouv.fr en partenariat avec le Club des Experts de la Sécurité de l'Information et de la Numérique (CESIN), dresse un état des lieux préoccupant de la préparation des petites et moyennes entreprises françaises face aux cybermenaces.
Chiffres clés :
- 16 pourcent des entreprises interrogées déclarent avoir été victimes d'au moins un incident de cybersécurité au cours des 12 derniers mois
- 44 pourcent des TPE-PME estiment être fortement exposées aux cybermenaces, démontrant une prise de conscience croissante
- Pourtant, seulement 32 pourcent ont mis en place un plan de réponse aux incidents documenté et testé
- 58 pourcent n'ont pas effectué d'audit de sécurité au cours des 24 derniers mois
- 41 pourcent ne forment pas régulièrement leurs employés aux bonnes pratiques de cybersécurité
Ces chiffres révèlent un décalage important entre la conscience du risque et la mise en œuvre effective de mesures de protection. Les principales raisons invoquées sont le manque de budget (68 pourcent), le manque de compétences internes (54 pourcent), et la difficulté à prioriser la cybersécurité face aux autres enjeux métiers (39 pourcent).
Ransomwares : une menace persistante
Les ransomwares demeurent la menace numéro un pour les entreprises françaises. Selon le baromètre, 86 pourcent des décideurs informatiques français signalent que leur entreprise a subi au moins une tentative d'attaque par ransomware en 2024-2025, avec un taux de réussite (c'est-à-dire d'encryption effective des données) de 23 pourcent.
Le coût moyen d'une attaque par ransomware pour une PME française en 2025 s'élève à 180 000 euros, incluant :
- La rançon elle-même (lorsqu'elle est payée, ce qui arrive dans 35 pourcent des cas malgré les recommandations des autorités de ne pas payer)
- Les coûts de récupération et de restoration des systèmes
- La perte d'activité pendant l'interruption
- Les coûts juridiques et de notification (RGPD)
- L'impact réputationnel et la perte de clients
Recommandations pour améliorer la posture de sécurité
Les experts en cybersécurité recommandent aux TPE-PME françaises de prioriser les actions suivantes :
Sauvegardes robustes (règle 3-2-1)
Maintenir au moins 3 copies des données importantes, sur 2 supports différents, avec 1 copie hors ligne (offline) ou immuable. Tester régulièrement les procédures de restauration.
Authentification multi-facteur (MFA)
Déployer l'authentification multi-facteur sur tous les systèmes critiques, en particulier les accès VPN, les outils de messagerie, et les interfaces d'administration.
Gestion des correctifs
Établir un processus rigoureux de gestion des correctifs de sécurité avec déploiement automatisé des mises à jour critiques dans un délai maximal de 72 heures après leur publication.
Segmentation réseau
Segmenter le réseau pour limiter la propagation latérale en cas de compromission d'un poste ou d'un serveur. Isoler les systèmes critiques et les environnements de production.
Sensibilisation continue
Organiser des sessions de sensibilisation trimestrielles pour tous les employés, incluant des simulations de phishing pour mesurer et améliorer la vigilance.
Plan de réponse aux incidents
Documenter et tester régulièrement un plan de réponse aux incidents définissant les rôles, les responsabilités, et les procédures à suivre en cas de cyberattaque.
Perspectives et évolutions futures
L'IA au service de la défense
Si l'IA est exploitée par les attaquants pour automatiser et sophistiquer leurs attaques, elle devient également un outil puissant pour les défenseurs. Les solutions de cybersécurité de 2025 intègrent massivement des capacités d'IA et de machine learning pour :
- Détecter des anomalies comportementales indiquant des compromissions
- Corréler automatiquement des événements de sécurité dispersés pour identifier des campagnes d'attaque
- Prédire les vecteurs d'attaque les plus probables en fonction du contexte de l'entreprise
- Automatiser la réponse aux incidents pour les menaces connues
Cette course à l'armement algorithmique entre attaquants et défenseurs définira largement le paysage de la cybersécurité des prochaines années.
Réglementation et conformité renforcées
L'Union Européenne continue de renforcer le cadre réglementaire de la cybersécurité. La directive NIS 2 (Network and Information Security), entrée en application en 2024, impose des exigences strictes de cybersécurité à un périmètre élargi d'entreprises et de secteurs. Le non-respect de ces obligations peut entraîner des amendes pouvant atteindre 10 millions d'euros ou 2 pourcent du chiffre d'affaires mondial.
Les entreprises françaises doivent donc non seulement se protéger contre les cybermenaces pour des raisons opérationnelles et de protection de leurs actifs, mais également pour respecter leurs obligations réglementaires et éviter des sanctions financières et réputationnelles importantes.
Pénurie de talents en cybersécurité
La demande en professionnels de la cybersécurité continue de dépasser largement l'offre. Selon l'ANSSI, la France manquerait de 15 000 professionnels de la cybersécurité qualifiés en 2025. Cette pénurie pousse les salaires à la hausse et complique le recrutement, particulièrement pour les PME qui peinent à concurrencer les grandes entreprises et les cabinets de conseil.
Des initiatives de formation accélérée (bootcamps, reconversions professionnelles) et de montée en compétences des profils IT existants sont nécessaires pour combler progressivement ce déficit critique.
Conclusion
Le paysage des cybermenaces en France en novembre 2025 se caractérise par une sophistication croissante des attaques, l'exploitation massive de l'intelligence artificielle par les cybercriminels, l'intensification du hacktivisme géopolitique, et la multiplication des attaques visant la chaîne d'approvisionnement logicielle. Ces évolutions créent un environnement de menaces complexe qui exige une adaptation rapide des stratégies de défense.
Les entreprises françaises, en particulier les TPE-PME, doivent prendre conscience que la cybersécurité n'est plus un enjeu uniquement technique relevant du service informatique, mais un risque stratégique majeur nécessitant l'implication de la direction générale et l'allocation de ressources suffisantes. L'investissement dans la cybersécurité doit être considéré non comme un coût mais comme une assurance indispensable à la continuité d'activité et à la pérennité de l'entreprise.
Les professionnels de la cybersécurité doivent continuer à se former aux dernières techniques d'attaque et de défense, maîtriser les outils basés sur l'IA, et développer une compréhension approfondie des enjeux géopolitiques qui influencent de plus en plus le paysage des menaces. La collaboration entre secteur public et privé, le partage de renseignements sur les menaces, et la sensibilisation continue de tous les acteurs restent les piliers d'une défense efficace face à des adversaires toujours plus organisés et déterminés.
Sources et références
- Security Navigator 2025 - Orange Cyberdefense
- Baromètre national de la maturité cyber des TPE-PME 2025 - Cybermalveillance.gouv.fr
- Top 10 des cyberattaques 2025 - Oodrive
- ANSSI - Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d'Information
- Gartner Security & Risk Management
- Microsoft Security Intelligence



